Georges Clemenceau n’a pas été un disciple « orthodoxe » du positivisme mais son chemin a croisé à plusieurs reprises la doctrine et l’œuvre d’Auguste Comte. Le « Tigre » découvre le philosophe positiviste dans sa jeunesse et c’est notamment par l’intermédiaire de Charles Robin, lui-même positiviste, que se sont établis les liens les plus forts avec Comte. Médecin, Robin a été le directeur de thèse de Clemenceau et a grandement influencé sa pensée biologique. C’est cette pensée que tentera d’interroger Laurent Loison dans son intervention. Traducteur en français de l’ouvrage de John Stuart Mill, Auguste Comte et le positivisme, Clemenceau s’éloigne progressivement du positivisme qui continue néanmoins à l’influencer tout au long de sa vie. Opposé à Ferry, lui-aussi positiviste, sur la question du colonialisme, Clemenceau garde de ses idées comtiennes de jeunesse la promotion d’une morale laïque et son aversion pour le théologisme. Très attentif aux questions sociales, il écrit pour le journal La Justice une série d’articles sur des sujets économiques et sociaux divers, rassemblés en 1895 dans La Mêlée sociale. Il y critique fermement la hausse des prix, la répression des grèves, fait l’éloge de Louise Michel et critique l’évolution du christianisme. Dans ce recueil d’articles, il oppose avec férocité et humour la charité chrétienne à l’altruisme comtien à l’occasion du débat qui agite l’Académie Française sur l’entrée du mot « altruisme » dans le Dictionnaire. Cette réflexion sur le « vivre pour autrui » sera au cœur de l’intervention de Sylvie Brodziak. C’est la diversité des liens, peu connus, qui existent entre Clemenceau et le positivisme d’Auguste Comte que cette rencontre tentera d’approcher.

  • Jeudi 16 mars 2017 – 18h30 – Chapelle de l’Humanité, 5, rue Payenne, 75003 PARIS; rencontre co-organisée par le Musée Clemenceau et la Maison d’Auguste Comte.